Madagascar : vie quotidienne au bord de la Nationale 7

Madagascar est une destination qui a longtemps suscité ma curiosité.

J’ai donc pu la découvrir grâce à un périple qui me fit traverser le pays d’Ouest en Est, de Ifaty à Antananarivo.

Ce qui frappe d’entrée à la descente d’avion, c’est la gentillesse des malgaches. A travers leur devise « Mora Mora » qui signifie « doucement doucement », ils prennent justement bien le temps d’accueillir les voyageurs et de leur présenter leur pays dont ils sont si fiers. Prendre son temps est comme une obligation tacite que nul n’a besoin de rappeler, car tout va lentement.

En commençant mon voyage par l’Ouest, c’est la partie davantage Africaine de Madagascar que je découvre.

On accède désormais facilement à Ifaty, petit port de pêche situé à 25km au nord de Tulear: la route goudronnée ayant été construite dernièrement pour le plus grand plaisir de la population locale.

Sur la plage d’Ifaty (prononcer « Ifat’ »), tout le monde attend le retour des embarcations de pécheurs. C’est la ressource première du village. Il est à peine midi et les enfants jouent sur le sable en attendant la marchandise du jour. Bien évidemment, le vazaha (étranger) que je suis est alpagué par les enfants, ne serait-ce que pour donner une bouteille d’eau vide. Mais je ne me sens pas oppressé et l’ambiance est très bonne.

Arrivent alors les premiers bateaux de pêche partis à l’aube. Chaque embarcation déverse des quantités importantes de poissons qui sont ensuite triées à même la plage.

 

Je profite de Reniala et de sa réserve de baobabs pour m’éloigner temporairement de cette agitation. La balade est très appréciable car je suis entouré de baobabs de différentes tailles sur près de 45 hectares. Certains ont 5 ans et les plus grands 200 ans. On dénombre pas moins de 8 espèces différentes, sur les 10 existant dans le monde entier !

En continuant sur la mythique RN7 qui traverse le pays, on croise plusieurs véhicules proposant leurs services aux locaux. Le trajet depuis la capitale Antananarive à Tulear (ouest) dure par exemple 20h avec un seul chauffeur !

On passe par la ville de Ilakaka qui a la particularité de s’être développée à toute vitesse depuis 1998 à cause de l’exploitation des pierres précieuses. On y trouve notamment un des plus gros gisements de saphir au monde. Ancienne petite bourgade, Ilakaka est désormais une ville digne du far west !

Ilakaka ouvre la porte au parc national de l’Isalo. Le changement de décor est alors radical car randonner à Isalo, c’est passer de canyon en canyon. Et qui dit canyon dit généralement rivière.

Si les plateaux du massif sont plutôt arides et peu boisés, les canyons plus ombragés et surtout humides favorisent une végétation luxuriante. La descente du sommet jusque dans une vallée permet en quelques dizaines de mètres de voir la végétation changer de manière radicale. Si les plateaux permettent d’observer de superbes panoramas et d’avoir un bel horizon dégagé, il est très appréciable d’arriver aux canyons qui regorgent de vie avec leurs piscines naturelles.

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La diversité des paysages sur les hauts plateaux n’a cessé de me surprendre. Rien que la route pour se rendre à Isalo suffit à apprécier le voyage. L’alternance entre les rizières, les massifs rocheux, les petits villages animés et les hautes plaines fait oublier la fatigue et la dureté de la route.

C’est enfin dans la réserve d’Anja que j’aperçois les premiers lémuriens de mon voyage. Impossible de les approcher de près mais s’asseoir et les observer  jouer entre eux reste un spectacle que je n’oublierai jamais.

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A Tsaranoro, après plus de 2h sur une piste en très mauvais état à cause des pluies, nous optons pour l’ascension du massif dit du « caméléon ».

L’endroit est un paradis pour l’escalade, tout comme pour les balades moins difficiles. « Le caméléon » se fait tout de même en près de 4h et 12km. La vue est superbe.

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L’état des routes est un problème majeur à Madagascar. Que ce soit l’indispensable RN7 ou les petites routes de campagne, aucune n’est suffisamment entretenue et il est habituel d’y voir des trous, parfois énormes, provoquant de nombreux accidents. Le gouvernement semble peu enclin à réparer ces routes, pourtant indispensables à l’économie locale.

Plus on avance sur la fameuse RN7, plus les paysages changent. Il en est de même pour la population : de l’Afrique on passe à l’Asie. C’est un résumé un peu rapide mais c’est vraiment le sentiment qui se dégage sur place. On voit ainsi comment Madagascar a été influencée par ses continents voisins.

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En traversant Ambositra ou encore Ambohirya, on comprend que rien ne se jette mais tout se recycle à Madagascar : un pneu crevé de voiture sert par exemple à confectionner une scie pour différents travaux manuels comme la marqueterie qui consiste à assembler plusieurs pièces de bois pour en faire un motif.

Dans les petits villages  on s’aperçoit que les maisons en terre n’ont pas de fenêtre vers l’Est car c’est davantage le soir, au soleil couchant, donc à l’Ouest, qu’on a besoin de lumière… Le guérisseur voit, lui, passer près de 100 patients par jour et cela tout au long de l’année sans s’arrêter. Il traite, en outre, les patients devant la salle d’attente et choisit lui-même les dates des exhumations.

Autant de petits détails qui donnent envie de passer plus de temps sur cette île. J’y retournerai, c’est certain!

Kevin Marzolf

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