Yunnan : quand le futurisme côtoie l’immuable…

Partir en Chine et plus particulièrement dans la province du Yunnan c’est découvrir une culture totalement différente de la nôtre. On a beau s’y préparer en amont, il est important de le vivre sur place.

Le quotidien est changé ne serait-ce que par le fait qu’il n’est pas autorisé d’utiliser internet comme en France: Google, Whatsapp, YouTube ou encore Facebook sont bloqués par le gouvernement chinois.

Mais peu importe, c’est aussi et surtout ça voyager: être surpris en découvrant de nouvelles choses.

La province du Yunnan mérite bien plus qu’une dizaine de jours de voyage, mais je pense quand même avoir vu un bel ensemble de ce qu’elle propose d’un point de vue touristique.

Kunming tout d’abord, ville de 6 millions d’habitants. Cela peut nous paraître énorme mais pour les chinois c’est habituel. Les traditions y tentent tant bien que mal de prospérer mais la modernité semble souvent prendre le dessus.

Pour exemple, il n’y a quasiment plus d’échange de monnaie en ville dans la mesure où tout le monde utilise son smartphone et l’application WeChat pour payer. D’un simple clic sur son téléphone, la somme demandée est transférée au commerçant.

On retrouve cette pratique dans toutes les grandes villes comme Lijiang ou Dali.

Les environs de Kunming, capitale de la province, sont très verdoyants. La brume du matin laisse petit à petit place à une nature omniprésente. En se baladant en forêt, on comprend tout de suite qu’il est difficile de sortir des sentiers battus : le chemin est balisé, des rambardes et des escaliers en bois aidant le randonneur à rester sur le bon chemin.

Dans la bourgade de Keyi, on découvre la Chine traditionnelle avec la minorité Yi : banquet traditionnel et danse autour du feu au programme. En quelques heures, nous sommes passés des buildings aux petites maisons traditionnelles, du vacarme de la grande ville au calme d’un petit village où le temps semble s’être arrêté.

A la frontière vietnamienne, dans la ville d’Hékou, on assiste à un spectacle étonnant : les vietnamiens courant pour traverser la frontière et ainsi travailler en Chine pour la journée. C’est moins le cas dans le sens inverse !

A Yuanyang, un autre spectacle s’offre à nous : le coucher et le lever du soleil sur les rizières. Au fil des minutes, les couleurs diffèrent, laissant le vert passer au rouge puis au noir.

Évolution des couleurs toute aussi impressionnante au lever du soleil. Un spectacle à ne pas rater!

Après la nature, place à la culture à Jianshui avec la visite du temple Confucius et de la résidence de la famille Zhu. Construite durant les dernières années de la dynastie Qing à la fin du XIXème siècle, la résidence de la famille Zhu de Jianshui est l’une des mieux conservées de tout le Yunnan. Elle s’étend sur environ 2 hectares et comprend plus de 40 cours intérieures, de nombreux jardins et pavillons. L’authenticité des lieux saute aux yeux.

Le temple de Confucius de Jianshui est lui le deuxième plus grand en Chine après celui de Qufu, le pays natal du grand maître Confucius. Construit en 1285, il couvre une superficie de 76 000 m². Après une cinquantaine de réfections, il est aussi très bien conservé.

Plus au nord, à Dali, le modernisme se confond avec l’authentique : ainsi, on peut y trouver tous les magasins actuels (Mac Donald, Starbucks, Nike, Apple Store…) avec cependant une devanture typique de la région. Le centre-ville est très joli avec ses rues piétonnes.

L’attraction principale de la ville est le temple des Trois Pagodes au pied de la montagne Cangshan et face au lac Erhai. Il constitue un point essentiel du développement du bouddhisme dans cette région.

Nous quittons ensuite le tumulte de la ville pour nous rendre dans le petit village Bai de Xizhou et découvrir de beaux exemples d’architecture Bai (jolies maisons aux toits recourbés et aux murs ornés de peintures décoratives). Les 5 éléments d’un village traditionnel y sont bien présents : le temple, la porte d’entrée, des arbres, une place centrale et une scène de spectacle. L’atmosphère est très calme, paisible même au marché.

Zhoucheng, un peu plus au nord, nous en apprend plus sur la fabrication des batiks bleus. La technique se transmet de génération en génération et nous montre à quel point chaque geste est réfléchi. La dextérité de ces artisans est impressionnante.

Dernière étape du voyage, et non des moindres, Lijiang. Située sur la route du thé et des chevaux, la ville a su conserver un centre historique magnifique. L’ambiance y est bucolique avec des petits canaux parallèles aux rues pavées. Le mont du dragon de Jade veille, au loin, sur cette ville située à 2400m d’altitude. C’est ici la minorité Naxi qui est présente.

Le parc de l’étang du Dragon noir voit défiler chaque matin les chinois venant faire leurs exercices afin de reposer le corps et l’esprit. C’est un rituel immuable. Peu importe la météo !

Avant de repartir, petit détour par les gorges du Saut du Tigre du fleuve Yangtsé. Le bruit est assourdissant, même en saison sèche. La zone d’observation est bien délimitée, encadrée.

Un beau site naturel pour clôturer ce voyage qui constitue une belle porte d’entrée en Chine

Kevin Marzolf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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