Indonésie : Sumba, Florès et Komodo, joyaux des îles de la Sonde.

Après 14 vols en 3 semaines entre Sumba, Florès, l’archipel de Komodo, Sumatra et Belitung, mon périple a commencé sur les îles indonésiennes de Sumba, Florès et l’archipel merveilleux de Komodo : de véritables joyaux des Iles de la Sonde.

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SUMBA : L’ÎLE DU SANTAL AUX TRADITIONS ANCESTRALES FORTES

Connue sous l’appellation « île du Santal », la découverte de Sumba se vit comme une expérience à part entière. Sa diversité de populations, ses coutumes ancestrales fortes, son héritage colonial religieux nous plongent dans un univers particulier, une expérience privilégiée. Loin de la déferlante Bali, Sumba s’ouvre depuis peu au tourisme. Pour en profiter pleinement, laissez-vous bercer par son histoire, ses rites animistes, l’accueil chaleureux des habitants, la nature tantôt aride, tantôt luxuriante qui la distingue des 17.000 îles indonésiennes. En avril 2017, je suis partie à la rencontre de cette île étonnante que j’aimerais vous faire partager en quelques mots.

Sumba : entre animisme, christianisme et protestantisme.

En 1522, les portugais débarquent sur l’île du santal. Mais ce n’est réellement qu’avec la venue des hollandais et l’annexion de l’île aux Indes néerlandaises en 1866 que Sumba change de visage. L’île a hérité d’un passé colonial et religieux, qui, avec la religion catholique des portugais puis protestante avec l’arrivée des hollandais, reste encore très marqué aujourd’hui. Même si 30% des sumbanais pratiquent le marapu (animisme), la population est officiellement chrétienne et protestante. On trouve également à Sumba quelques musulmans modérés qui vivent le long des régions côtières, mais ils sont en minorité.

La dévotion marapu : un animisme vivant.

« l’homme qui meurt est un marapu en puissance » disait Roger Joussaume, premier archéologue qui révéla au grand public l’existence des monuments funéraires de Sumba. La religion marapu est un animisme vivant, sorte de cohabitation des morts avec les vivants. C’est le ciment de la tradition qui relie les villages entre eux. Les rato (chamans) sont chargés de la bonne gestion du culte. Le marapu est considéré comme un dieu, un ancêtre, un lieu sacré, un objet du rituel, ou encore un esprit surnaturel vénéré comme messager divin. Pour invoquer la protection d’un marapu, on le couvre d’offrandes en tous genres : bijoux, ikats (tissus traditionnels), boîtes de bétel.. etc. La dévotion marapu se reflète également dans l’édification de tombeaux funéraires qui s’accompagnent de préparations sacrificielles souvent coûteuses de centaines de buffles, cochons notamment.

Le tissage des ikats : un tradition orale de renom 

Les tissages de Sumba sont convoités des collectionneurs du monde entier. Et pourtant.. cet Art est encore préservé du grand public ! ikat en indonésien signifie ligaturer, lier. Savoir « ikater » fait parti des qualités requises d’une femme sumbanaise pour prétendre à sa marier. C’est une tradition orale qui se transmet de générations en générations. Les ikats considérés comme objets sacrés représentent un revenu significatif pour les femmes tisserandes. Le travail des femmes tisserandes pour la confection d’un ikat représente entre 12 mois et 15 ans de travail. Les techniques utilisées en font un véritable Art à part entière : ligature du raphia, teinte des fils à base de pigments naturels, élaboration de motifs primitifs..

Le rituel de salutation : une coutume sociale forte au cœur du quotidien

D’Est en Ouest de l’île, je me suis arrêtée dans de nombreux villages traditionnels où l’accueil qui m’a été réservé était chaleureux. En dehors de la région de Kodi, cœur historique de la dévotion marapu, nouvellement pervertie par la folklorisation de ses traditions par le développement touristique, je garde encore un merveilleux souvenirs des lèvres rouges des femmes aux sourires édentés, des yeux pétillants des enfants, de la fierté des tisserandes d’ikats.. en somme, un véritable moment privilégié avec les sumbanais qui ne m’a pas laissé indifférente.

Les rituels de salutation sont des expériences difficiles à comprendre tant qu’on les a pas vécues. A peine arrivée au village, je signale ma présence au chef du village. Celui-ci m’invite ensuite à partager le siri pinang : symbole de bienvenue sous forme de corbeille constituée de noix d’arec, de feuilles de bétel, de chaux et de citron vert. La noix d’arec symbolise les ovaires de la femme, le bétel, le sexe de l’homme. En mâchant le bétel rougis par la chaux, les sumbanais affirmeraient leur maturité sexuelle. La barrière de la langue enlève certes les subtilités de mes échanges avec les locaux – heureusement, mon guide francophone est là pour traduire mes sentiments. Je signe enfin le registre et dépose un modeste don. S’en suit une séance de bavardage autour d’un café, une cigarette à la main. Je peux enfin déambuler dans le village, observer et partager la vie quotidienne du village. Pour les remercier de leur hospitalité, il est apprécié des villageois d’achetez un ikat, un tissage ou une statuette : c’est le plus bel honneur que vous puissiez leur faire !

 

Sumba : entre plages de légende et côte sauvage

Les terres fertiles de Sumba se prêtent à des cultures variées (le café, la noix de bétel, le suc de palme, la noix de coco…) que l’on retrouve au marché. Je me suis perdue dans celui de Waikatabula qui est très intéressant. Sumba oscille entre une nature aride qui tranche avec ses rizières et sa nature luxuriantes. La renommée de Sumba se caractérise aussi par ses plages de sable blanc où la mer bleue azur attire les curieux plongeurs et les surfeurs en quête de vagues.

FLORES : DU VOLCAN KELIMUTU A L’ARCHIPEL DE KOMODO

L’île de Florès est un concentré de nature, cultures et de rencontres qui ne finit pas de nous étonner. Protégée par un relief montagneux, l’histoire géologique de Florès est l’une des plus instable au monde. L’île est dotée de plus de 15 volcans actifs. Les paysages qui couvrent l’île sont d’une grande variété : rizières, plantations de café et montagnes couvertes d’une forêt humide dans la région de Manggarai,  savane et mer bleu azur dans l’archipel de Komodo. Parmi les trésors à découvrir : le Komodo, varan rescapé de la préhistoire qui vit dans l’archipel et éponyme de l’archipel, les lacs aux couleurs de sang et d’émeraude du volcan Kelimutu, les récifs coralliens des îles du détroit de Komodo, une multitude de villages traditionnels.. etc. Florès invite à un voyage d’exception !

Florès : une grande diversité ethnique 

Florès, qui signifie en portugais « fleur », est une île étirée en longueur : 360 km de long et de 12 à 70 km de large. L’île est habitée par près de 1,8 million d’habitants et est majoritairement catholique (90% de la population). Chaque ethnie répartie sur 9 districts a sa particularité. J’ai ainsi été à la rencontre des Manggarai, des Ngadha, des Ende et des Lio. Chaque ethnie a sa propre culture qui se décline au quotidien dans l’architecture des maisons, l’organisation des villages, les activités agricoles, les cérémonies funéraires et les mariages…etc. Les traditions constituent l’essence même des villageois de Florès.

Le pays Manggarai : récifs coralliens, varans et rizières en étoile 

Le pays Manggarai est aujourd’hui divisé en 3 districts dont les deux villes principales sont Labuan Bajo et Ruteng. Labuan Bajo est devenue la porte d’entrée du parc national de Komodo. Joli village de pêcheurs, Labuan Bajo est aujourd’hui en plein essor et accueille durant la haute saison touristique des milliers de visiteurs. De nombreux hôtels confortables s’y nichent de plus en plus, et privatisent des plages pour le bien-être de leurs hôtes. C’est du port que je m’apprête à partir en mer à la découverte de l’immense archipel de Komodo. Mes coups de cœur ont été l’île de Padar et l’île de Rinca. Loin de la très touristique mais néanmoins incontournable île de Komodo, celle de Rinca est plus sauvage et propose de jolies balades dans un parc plutôt respectueux de la nature. L’île de Padar n’abrite pas de varans mais s’y arrêter vaut le détour pour plonger dans les récifs coralliens ou encore grimper en haut de la colline pour observer le somptueux panorama.

Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1986, le parc national de Komodo est un lieu unique qui abrite des animaux spectaculaires, rescapés de la préhistoire et qui impressionnent par leur taille (plus de 3 mètres de longueur). Le Komodo ou dragon ou varan est le plus gros lézard vivant au monde. Se retrouver nez à nez avec l’animal paraît jurassique et les frissons sont garantis. Le Komodo concentre son venin mortel dans les glandes salivaires et se nourrie de cerfs, cochons, chevaux, sangliers.. Animal datant de plus de 4 millions d’années, il en resterait aujourd’hui quelques milliers seulement répartis sur l’île de Komodo, l’île de Rinca et au nord de Riung notamment.

Le pays Lio et le volcan Kelimutu

Pour le peuple Lio, le volcan Kelimutu ou « montagnes des esprits » est un domaine sacré. Chaque 14 août les habitants s’y rendent pour honorer les esprits de leurs ancêtres.  Pour y accéder, nous empruntons un chemin goudronné facile. L’ascension est accessible à tous. Arrivé en haut, le spectacle est superbe : on observe trois lacs de cratère aux couleurs changeantes : un lac de couleur noire (ou « lac des gens âgés »), un lac de couleur vert émeraude (ou « lac des jeunes hommes et jeunes filles ») et un lac de couleur rouge sang (ou « lac enchanté et ensorcelé »). Le volcan est magnifique le matin, avant l’arrivée des brumes qui recouvrent les lacs. Le volcan Kelimutu est un « strato-volcan en phase de dégazage ». Les gaz émis par le magma stagnent dans les lacs qui deviennent ainsi saturés en acides et sels ferreux. Le changement des couleurs résulte de trois composantes : la variété du climat, les roches qui composent le volcan et le dégazage (dioxyde de souffre, sulfure, chlorure d’hydrogène…).

 

Vous l’avez compris, Florès et Sumba regorgent de nombreux trésors : paysages fabuleux, traditions ancestrales fortes..etc. Et les habitants, encore préservés du tourisme de masse, sont chaleureux et accueillants si vous savez les respecter et prendre le temps de s’intéresser à eux. C’est la raison pour laquelle, ce voyage est limité à 8 participants afin de préserver la qualité des rencontres. La meilleure période pour s’y rendre se situe entre avril et fin octobre. Alors.. à bientôt ?

Albane Enaud

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